Semaine de la mobilité à la Réunion : le court-voiturage, pas à court d’idées pour lever les derniers freins des autosolistes

 

Petit frère du covoiturage longue distance, le court-voiturage (covoiturage domicile-travail) a tardé jusqu’ici à se démocratiser.

Mais pour convertir massivement les autosolistes réunionnais (conducteurs seuls dans une voiture) à ses bienfaits, startups, salariés, collectivités locales, citoyens et pouvoirs publics ne sont pas à court d’idées !

A l’occasion de la semaine de la mobilité du 16 au 22 septembre, tour de piste des initiatives qui viennent lever les derniers freins à l’adoption de ce mode de déplacement plus durable.

[Salariés réunionnais] En entreprise, encourager « Arthur »

Qui dit trajet domicile-travail dit mobilisation au sein des entreprises. Alors qu’en soirée, on désigne « Sam », celui qui ne boit pas, en entreprise, la nouvelle tendance est d’encourager « Arthur », celui qui court-voiture !

Grâce au forfait mobilité durable, tous les employeurs ont désormais une incitation pour encourager le court-voiturage au sein des entreprises. Les enjeux sont nombreux : améliorer leur impact environnemental, souder les équipes, optimiser les places de stationnement et offrir plus de pouvoir d’achat aux salariés.

[La région Réunion et l’ADEME] Jouer la carte du transport public

Avec les entreprises, les pouvoirs publics sont également parties prenantes. Et si le court-voiturage devenait un transport public comme un autre ? L’idée a fait son chemin au point de se concrétiser dans l’île de la Réunion. L'ADEME et la région sont partenaires de l'application Karos, spécialiste du court-voiturage.

De Saint-Denis à Saint Pierre en passant par Saint-Paul, les réunionnais peuvent monter dans un siège passager, aller à leur travail en profitant du confort d’une voiture, pour le prix d’un ticket de bus !

[Technologie] En avoir sous le capot : géolocalisation, intelligence artificielle…

Au-delà des initiatives au sein des entreprises et des collectivités locales, ce sont les technologies récentes qui ont permis de lever le principal frein à l’adoption du court-voiturage.

Alors que le covoiturage longue distance, né au début des années 2000, peut fonctionner avec de simples petites annonces, ce système s’est révélé peu efficace pour les courts trajets entre le domicile et le travail. Qui serait prêt en effet à poster une annonce tous les jours ? Ou à se contraindre à des horaires rigides pour court-voiturer tout le temps avec la même personne ? En pratique, très peu de personnes.

Le court-voiturage sur l’application Karos repose au contraire sur la géolocalisation en temps réel des sièges vides dans les voitures et sur des technologies d’intelligence artificielle pour « matcher » au jour le jour les passagers et les conducteurs. Une rupture technologique qui permet à chacun, de manière très flexible, de réserver son trajet domicile-travail depuis son smartphone, même une heure avant.

[Grand public] Dire stop aux idées reçues et aux mauvais raccourcis

Reste enfin à conquérir le grand public : les Réunionnais ont encore beaucoup d’idées reçues sur le court-voiturage. Mais après l’avoir testé au moins une fois, conducteurs et passagers réagissent généralement avec surprise :

« Non ! Je ne suis pas obligé de court-voiturer ni tous les jours, ni avec la même personne. Oui ! Je peux avoir des horaires flexibles. Ouf, ça me rassure ! Une assistance retour est prévue en cas de défaillance du conducteur. Merci pour les fins de mois ! J’économise une centaine d’euros par mois, ça me rembourse mes pleins de carburant ! (…) »

Après avoir testé une fois, les Réunionnais utilisateurs de l’application Karos sont même 70% (*) à adopter régulièrement le court-voiturage. Ce mode de transport semble donc sur la bonne voie, même s’il pourrait être davantage accéléré par les pouvoirs publics (cf. encadré ci-dessous).

Urgence sanitaire, urgence climatique, encore deux poids, deux mesures ?

Coïncidence ou non, l’actualité de la crise du Covid nous donne à réfléchir sur les politiques à mener pour promouvoir plus activement le court-voiturage. Pour l’urgence sanitaire, les pouvoirs publics ont su déployer les grands moyens législatifs et financiers : et si la même volonté politique était appliquée à la lutte contre le réchauffement climatique ? Ci-dessous deux exemples frappants.

Mobiliser pour atteindre « l’immunité collective » contre les embouteillages réunionnais

Des chercheurs ont montré dans la revue Nature que les embouteillages se propagent de la même manière que le virus du Covid (**).

Et si se connecter à une appli de court-voiturage était le futur vaccin face aux embouteillages sur la route du littoral ? Les données montrent en effet qu’avec seulement 20% (***) de court-voiturage, soit une fois par semaine, une « immunité collective » est atteinte pour éradiquer les embouteillages (en particulier les formes graves).

Depuis le déconfinement sur l’île, les embouteillages reviennent en force : les éliminer serait une avancée dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre et une amélioration du quotidien des habitants. Qu’attend-on pour  piquer  cliquer ?

Activer le « pass court-voiturage » déjà inscrit dans la loi (à l’instar du pass sanitaire)

La loi d’orientation des mobilités (LOM) du 24 décembre 2019 prévoit l’instauration possible de voies réservées pour les court-voiturages dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique. Cette pratique est déjà expérimentée en métropole (à Grenoble) et pourrait bien débarquer un jour sur l’île. Elle est sujet à controverse car elle instaure une discrimination entre les « court-voiturés » et les « non-court-voiturés ». Ces derniers dénonçent une restriction de la liberté de circuler sur toutes les voies... Un débat qui fait là encore écho à l’actualité.

Alors que le pass sanitaire est appliqué avec vigueur, ce « pass court-voiturage » reste aujourd’hui au stade de l’expérimentation. (Mal)heureusement, il semblerait que nous ne soyons pas encore en état d’urgence climatique…

A propos de Karos : 

Créé en 2014, Karos compte 400 000 utilisateurs en France.

Chacun y trouve son compte. Les conducteurs économisent en moyenne 97 € / mois. Les passagers utilisateurs de transports en commun gagnent en moyenne 26 minutes sur chaque trajet, notamment en se faisant récupérer en bas de chez eux puis en étant déposés sur une ligne de transport plus rapide et directe.

Pour encourager le premier pas, les conducteurs reçoivent 20 € en ticket Leclerc tandis que les passagers ont également des premiers trajets offerts.

L'entreprise a été sollicitée par de nombreuses collectivités (Ile-de-France, Normandie, Occitanie, Réunion, Pays-de-la-Loire) et par des métropoles (Troyes, Grenoble, Béthune, etc.) pour le développement de leur réseau de transport en commun « augmenté ».

Karos apporte également son aide aux entreprises (AP-HP, Aéroports de Paris, Airbus, l'UGAP, etc.) pour optimiser l'accessibilité de leurs sites, promouvoir une mobilité durable et augmenter le pouvoir d'achat des salariés.

Depuis sa création, Karos a investi 30 années-homme dans la conception d’une solution technique (intelligence artificielle) qui répond spécifiquement à la problématique du covoiturage domicile-travail. 

Pour cette raison, Karos fait partie des deux seules startups françaises ayant pour investisseur la Commission Européenne, laquelle soutient activement son développement dans l’UE et à l’international (Danemark, Algérie…).

Notes :

(*) 70% des utilisateurs de Karos continuent de covoiturer 5 mois après leur premier trajet

(**) Source :

https://sciencepost.fr/les-embouteillages-se-propagent-de-la-meme-maniere-que-le-covid-19/

(***) Conjugué avec d’autres effets bénéfiques comme le développement d’un télétravail partiel et choisi (c'est d'actualité !), des voies de circulation douces pour les vélos, un bon réseau de transport en commun, le court-voiturage apparaît comme le chaînon manquant pour atteindre cette immunité collective contre les embouteillages du quotidien. L’objectif de 20% concerne la conversion d’un autosoliste en passager. Un taux aujourd’hui réalisable avec la sensibilisation du grand public, des grandes entreprises partenaires et le subventionnement des collectivités.

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