LETTRE OPTIONS FUTURS 129 : / 30 Octobre 2021 Enmetamorphose.com / https://www.facebook.com/dmartinferrari Spéciale COP 26 : GLASGOW

Où en serait la lutte pour le climat sans ces rencontres de haut niveau, qui placent les enjeux climatiques au centre du jeu mondial

P 1 Les attentes de Glasgow/ Un 6° rapport encore plus alarmiste P 2 Finances /Engagements. B Laville , Comité 21 P 3 Forêts/ A. Karsenty, CIRAD: compensations, Redd+, puits de carbone P 4 Climat, biodiversité : même combat ? Les océans P 5 F Gemenne : quel monde veut on demain ? 

#COP26 #Event

L’équipe I4CE va organiser de nombreux événements en son nom ou en lien avec des institutions financières ; Ouverts au public https://ec.europa.eu/info/events/Green-budgeting-how-to-make-ithappen-04-november_en https://aje-environnement.org L’AJE organise tous les soirs à 18h un JT en direct de Glasgow Durant ce 1/4 d'heure : le compte-rendu quotidien, la thématique du jour, un invité et la possibilité de dialoguer avec journalistes & invités. Inscrivez-vous ici : une seule inscription suffit pour toute la quinzaine

QU’ATTENDRE DE GLASGOW ? Dix jours pour que les 197 pays signataires de la Convention climat affrontent et proposent des solutions pour un problème soulevé il y plus de trente ans. Ces trente ans ont été ponctués d’avancées, de changements : des mentalités, de la diplomatie, de la science… Les accords de Paris lors de la COP 21 ont fixé des limites : ne pas dépasser +1°5 au pire 2°. La communauté internationale doit se donner à Glasgow les moyens d’y parvenir : règles du jeu, financements, mobilisation de tous les acteurs, changement de civilisation…La dramaturgie est à son comble comme à la veille de chaque COP, c’est toujours « le sommet de la dernière chance», la différence est que cette fois nous y sommes et tout se dégrade plus vite que prévu nous disent les scientifiques que l‘on trouvait trop pessimistes. Les climato sceptiques, les multinationales du pétrole et du charbon, nous ont fait perdre un temps précieux. 2015 : accords de Paris, il fallait être à + 1°5 en 2100, aujourd’hui c’est 2030. Il n’ y a plus le choix, il faut faire vite. Le 6° rapport du GIEC est clair : certaines zones du monde sont d’ores et déjà inhabitables, les pôles fondent, la mer monte, inondations et sécheresses se multiplient. On savait tout cela, mais il a fallu attendre que cela advienne pour s’en préoccuper réellement et encore !...Il faut donc déterminer comment cesser de produire du CO2, des GES ? Comment reconstruire un secteur énergétique à coup de milliards ? Comment se méfier des solutions clé en main dont on ne mesure pas les conséquences à long terme ? Comment revenir sur ce que l’on croyait être une bonne solution (cf les puits de carbone) ? Les dirigeants de 197 pays se rendront sur place. Parmi eux, Joe Biden, Emmanuel Macron ou encore la future ex-chancelière allemande Angela Merkel Il y aura aussi des absents de marque : les présidents russe et chinois Vladimir Poutine et Xi Jinping.

Qu’attendre de GLASGOW ? -

Plans nationaux de réductions massives ; Influence du plan européen (Fit for 55) - Efficience de l’article 6 de l’accord de Paris : échange de réduction entre Etat pour une réduction globale / Marché carbone ? - Engagement sur le « fonds vert » 100 mds pour le sud - Un « agenda de l’action » avec une coopération forte N/S - Un possible accord sur le méthane- Un retour sur la solution « puits de carbone » forêts et océans- - La poursuite de la progression du dossier adaptation ouvert en 2021, renforcé le 7 mai (dialogue de Petersberg) couplé aux décisions de la COP 15 : « les solutions fondées sur la nature »

FINANCES, ENGAGEMENTS`

On est loin de ce à quoi on doit parvenir, mais la dynamique vers un monde bas carbone est engagée. Grâce aux accords de Paris, les états doivent revoir tous les cinq ans leurs engagements (NDC). Les stratégies climat se sont multipliées à travers le monde (Mais les chiffres sont alarmants : les émissions risquent de grimper de 16 % d’ici à 2030 alors qu’elles devraient baisser de 45 %…) Règles financières : - Désinvestir les énergies fossiles (AIE : -11% charbon, 4% gaz, 3% pétrole chaque année) MAIS risques sociaux face à l’augmentation des prix . Investisseurs et entreprises privées poursuivent l’exploitation des ressources et restent orientés vers les fossiles. La Place de Paris exclurait en 2023 les sociétés extractrice à 2% du CA en charbon, à 10% en pétrole, à 50% en gaz - remonter les ambitions et engagements nationaux (Chine, Inde, Arabie et Turquie n’ont rien fait= 50% des émissions) - Régulariser le versement des 100 milliards de dollars promis aux pays du Sud pour 2020 (les financements climat ont plafonné à 79,6 milliards en 2019, d’après l’OCDE.) Financements à répartir égalitairement entre réduction des émissions et des projets d’adaptation. (sera sans doute débloqué en 2023) - 750mds pour les ENR en 2020 .Il faudrait 3 fois +pour 2050(neutralité). Les sommets (énergie régions, jeunesse..) et les coalitions (one planet summit) obtiennent de nouveaux financements -Le mouvement vers la finance durable s’intensifie, mais encore trop faible (voir remarquable analyse de Bettina Laville présidente du Comité 21 p 12 à 14, 19, et 22 à 25 : http://www.comite21.org/docs/publications-ducomite-21/2021/note-internationale---cop-26.pdf et surplace à Glasgow : http://www.comite21.org/comite21/comite21-enaction.html?id=14411 - Les difficultés quant à l’instauration du marché carbone ne sont pas levées - Finance et adaptation seront sans doute les moyens de relier local et global, en associant davantage les collectivités locales et régionales (CLR) à l’élaboration des politiques en matière de climat , en mesurant, intégrant et valorisant les contributions climatiques des collectivités 13% des villes de plus de 500.000 habitants (demande d’un tableau de bord régional et local) journée spéciale le 11 nov CGLU/CCRE FORETS.

Les puits de carbone auraient ils été un leurre ? REDD+ , SNDI,

Océan et forêt, vendus comme des puits de carbone aux industriels qui ont pu accumuler des crédits carbone, sont aujourd’hui remis en question. Non seulement comme le disent ONG et chercheurs il est très difficile de contrôler ce que les industriels replantent pour compenser, comment se portent les plantations, quelle compensation elles représentent vraiment ; Mais en plus il n’avait pas été prévu que les incendies à répétition, de moins en moins gérables, dus aux sécheresses récurrentes ou aux orages, allaient détruire les forêts et même les nouvelles plantations comme ce fût le cas en 2020. La FAO le répète « les forêts captent et stockent le C02 …emmagasinent de 20 à 100 fois plus de carbone par unité de surface que les terres cultivées » , or les forêts se réduisent de 5,3 millions d’hectares par an : extension des terres agricoles, plantation de palmier à huile, de soja, incendies, élevage…Ces dernières années l’Amazonie brésilienne a rejeté 10 fois plus de carbone qu’elle n’en a absorbé. Une des premières mesures proposées consiste donc à réduire notre consommation de produits importés responsables de la déforestation et notamment la viande : une mesure bonne pour limiter les coupes mais aussi pour partager notre développement avec les pays du sud. Le 6 nov sera consacré à Glasgow à l’impact des pratiques agricoles ; une manière d’aborder également la question du méthane plus résilient que le carbone mais 25 fois plus puissant que le gaz carbonique en potentiel de réchauffement global (PRG) La France entend jouer un rôle dans ces futures approches : - Le président français Emmanuel Macron pousse à la création de coalitions d’action comme « OP2B », qui depuis 2019 rassemble de grands acteurs de l’agroalimentaire. - Des chercheurs comme Alain Karsenty (cirad, Ifri..) poursuivent le travail sur l’élaboration de la stratégie française sur la déforestation importée (SNDI- aujourd’hui devant le parlement européen ) voir IT https://www.dailymotion.com/video/x844vc4 , et son étude : https://www.ifri.org/fr/publications/etudes-de-lifri/geopolitique-foretsmonde-strategies-de-lutte-contre-deforestation P 26 à 48 : les forêts et les instruments climat - Emmanuel Macron a promis lors du Congrès mondial de l’UICN à Marseille que la présidence française de l’UE serait consacrée à la révision des accords commerciaux non respectueux de l’environnement renouvelant son engagement de non signature du Mercosur.

CLIMAT, BIODIVERSITE : MÊME COMBAT ?

La réponse est évidente : le changement climatique influe sur la perte de biodiversité. Cela signifie que la COP 15 de Kunming (chine) en Avril Mai prochains devra également trouver des financements, accepter l’accord défendu à Marseille d’un objectif de protection de 30% des terres et des mers avec une assurance de bonne protection, suivre ce que devient l’APA (partage des avantages ) On y reviendra . La biodiversité a désormais son « GIEC ». L’ensemble des scientifiques rassemblés dans l’IPBES interpellent eux aussi les décideurs pour obtenir des engagements. Ainsi, climat et biodiversité se rejoignent quand le WWF réclame la fin des subventions nuisibles (subventions aux fossiles, ou subventions à l’agriculture industrielle).ou quand E Macron, lance la Coalition pour la Convergence des financements en faveur du climat et de la biodiversité . On prouve ainsi que les solutions fondées sur la nature pourraient aider à réduire d’un tiers les émissions de GES. Cette synergie réelle doit trouver ses modèles financiers loin d’un simple jeu de chaises musicales entre les deux Conventions. A l’ouverture du Congrès Mondial de la Nature, la grande argentière de l’UE, Christine Lagarde, a rappelé l’urgence de synchroniser les agendas. Les actions doivent désormais être intégrées et cohérentes : biodiversité, climat, commerce… en nouant des accords communs. Sans oublier que les temporalités sont différentes : si le changement climatique est universel, lent, difficilement réversible…la biodiversité est locale, et a des moyens pour se restaurer quand on l’y aide. L’océan est un nouvel enjeu de cette bataille. La convention Océan /haute mer en cours d’écriture est un excellent moyen de mise en pratique de tous ces éléments dont nous ne disposions pas en 1992 : comme les forêts l’océan n’apportera peut être pas la sécurité que l’on réclame aux puits de carbone ; sa fragilité est de plus en plus évidente ; l’Homme essaie de s’approprier ce qui appartenait au patrimoine commun, et l’océan est en voie de cadastralisation .http://www.enmetamorphose.com/?p=3003 A Glasgow , « la décade de l’océan » prône la prudence pour le développement des solutions basées sur les océans. La CCNUCC tient à enclencher un mouvement scientifique mondial pour débloquer l'action climatique dont les risques abordés pour la première fois de manière alarmante dans le 6° rapport du GIEC sont immenses. http://www.enmetamorphose.com/?p=2643 et http://www.oceandecade.org/news/ocean-decade-events-at-climatecop26-glasgow/

QUEL MONDE POUR DEMAIN ? GOUVERNANCE, DROIT, DEMOCRATIE

La COP 26, comme toutes les autres, ne peut être balayée d’un revers de main. Tout est trop lent, mais faire fonctionner le monde au même rythme n’est pas une mince affaire. La COP 26 s’ouvre après deux années d’isolationisme, déletères pour le multilatéralisme. Le monde a changé et n’est plus celui de la création de l’ONU après guerre. Le groupe des 77 censé representer les pays pauvres, regroupe désormais des pays puissants : Inde, Chine, Brésil…Un jour avant l’ouverture de la COP 26 se tiendra à Rome le G20 (à eux seuls les 20 pays les plus riches du monde représentent 80% des émissions de GES) Répétition générale ? Sans doute y aura t il quelques déclaration interessantes pour Glasgow. - Les 14 000 scientifiques du GIEC estiment que sur les 31 signes vitaux de la planète (voir 6° rapport du GIEC et http://www.enmetamorphose.com/?p=3162 ) , 18 sont gravement menacés Des zones sont désormais inhabitables (50°) les pôles fondent, la mer monte et les courants sont perturbés . IL faut stopper l’effondrement irreversible. - François Gemenne , enseignant à sciences Pô, auteur, membre du GIEC a participé à l’élaboration de l’atlas de l’anthropocène. Il rappelle : « nous savons ce que nous ne voulons pas. IL faut maintenant décrire le monde que nous voulons. » (http://www.enmetamorphose.com/?p=1815 et https://www.dailymotion.com/video/x84qn1i ) - Les citoyens et notamment les jeunes veulent faire entendre leur voix. Dans toutes les grandes capitales du monde, des marches climat seront organisées le 6 Novembre( à Paris, place de l’hôtel de ville : http://www.attac.org/newsletter/justice-pour-le-vivant-passons-a-laction, et une Convention Citoyenne mondiale a été initiée par l’ONU (energie fossile, neutralité carbone, droit à l’environnement)

A SUIVRE LES ARTISTES JOHN GERRARD ET LUCY ORTA INVESTISSENT LA COP 26 AVEC ART OF CHANGE 21

Du 1er au 12 novembre, Art of Change 21 (éditeur de Impact Art News) propose le programme ART-CLIMATE-COP26 À Glasgow lors de la COP26. L'association y défend le rôle majeur des artistes face à la crise climatique, mobilise la jeunesse et crée le dialogue entre art, innovation et environnement, avec le soutien de la Fondation Schneider Electric.

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